Monday, September 15, 2014

L’intégrisme islamique : une création de la politique étrangère des États-Unis



Il nous faut répéter avec insistance que le terrorisme international ne doit jamais être considéré comme un phénomène sociologique surgi spontanément et directement de l’oppression et de la misère. Le terrorisme international et les mouvements de libération nationale sont toujours relayés par un certain niveau d’organisation clandestine où les agences de services secrets jouent un rôle décisif. Bon nombre de groupes terroristes internationaux sont, à l’origine, des activismes placés sous une fausse bannière. D’autres prennent un tel statut par suite d’arrestations coordonnées, d’assassinats ou de noyautage par les services secrets. Même lorsqu’il existe une authentique organisation de libération nationale, les services secrets ne manquent jamais de créer des opérations sous fausse bannière, qu’ils font attribuer à cette organisation, ni de commettre des atrocités en son nom afin de l’isoler et la discréditer. Une nouvelle fois, la tromperie et la dissimulation sont la règle.

Les groupes terroristes soutenus par les Anglo-américains sont intervenus un nombre incalculable de fois contre les nationalistes progressistes du monde arabe et pour encourager leurs rivaux intégristes islamiques. Le recrutement pour les groupes terroristes, une fois qu’ils existent, est une autre histoire. La capacité de recrutement est fortement influencée par la misère, la pauvreté et l’oppression. À cet égard, il faut tenir compte de la relative détresse économique et politique du monde arabe ainsi que de certaines parties du monde économique en général. Nous y trouvons les fruits de l’impérialisme, du colonialisme et du néo-colonialisme. Le climat politique actuel du monde arabe ne peut pas se comprendre comme le résultat de facteurs autochtones, comme voudraient nous le faire croire des penseurs adeptes de la Kultur d’Oswald Spengler tels que Samuel Huntington ou Bernard Lewis. Ces spécialistes préfèrent oublier que le monde arabe tel qu’il se présente à eux a été occupé, pillé et manipulé par deux siècles d’interventions européennes, depuis la campagne d’Égypte de Napoléon. Les néo-conservateurs tels que Lewis et Huntington privilégient en outre une approche radicalement anti-historique selon laquelle l’intégrisme islamique anti-occidental, surtout dans ses émanations terroristes, va de soi. Or, tel n’est pas le cas, comme nous allons tenter de le démontrer.

Il faut bien comprendre que la politique étasunienne, à l’instar de celle de l’empire britannique avant elle, favorise objectivement la montée de l’intégrisme islamique. Cette expression peut recouvrir beaucoup d’acceptions ; ici, nous la comprenons comme un régime théocratique anti-occidental dans lequel le clergé islamique, les mollahs, les imams et les ayatollahs, le cas échéant, jouent un rôle prépondérant. N’oublions pas que, jusqu’au démembrement de l’empire ottoman par les Britanniques et les Français au cours de la 1re guerre mondiale, la plupart des pays du Proche-Orient étaient assujettis au sultan ottoman de Constantinople qui était, en même temps, le calife de l’Islam. L’empire ottoman prétendait appliquer le droit islamique, ou charia. Pendant des siècles, les Britanniques soutinrent les petits groupes ethniques de l’empire ottoman dans le but de les inciter à se rebeller contre le sultan. Ainsi, les Britanniques commencèrent à travailler avec les Serbes pendant la révolution américaine et aidèrent les Grecs à devenir indépendants après les guerres napoléoniennes. Sous Lord Palmerston, dans les années 1830 et 1840, les Britanniques lancèrent l’idée d’une patrie pour les Juifs en Palestine. Au début, cette idée ne séduisit pas les Juifs britanniques : on disait à l’époque que Lord Rothschild voulait un siège à la Chambre des Lords et pas sous un palmier en Palestine. Plus tard, les Britanniques développèrent leur présence parmi les Coptes, les Arméniens et d’autres communautés. Les Français se posèrent en protecteurs des Chrétiens levantins et devinrent les défenseurs des Maronites au Liban.

Pendant ces années, le Bureau arabe britannique et le Bureau britannique pour l’Inde étudièrent soigneusement la psychologie et l’idéologie arabes. Ils partirent de l’idée que les Arabes deviendraient inéluctablement hostiles au colonialisme britannique et qu’il était impossible de contrer une telle évolution. Néanmoins, ces orientalistes conclurent aussi qu’il serait tout à fait possible de fournir à l’inévitable révolte des Arabes des idéologies synthétiques de nature à l’isoler, à la faire avorter et à la rendre impuissante. Pour ce faire, il fallait de toute évidence que cette révolte ne soit pas dirigée spécifiquement contre les Britanniques, mais contre l’Occident et l’Europe en général, de peur que les Arabes ne soient à même de s’allier à la Russie ou à l’Allemagne pour se débarrasser de la présence britannique. La tradition musulmane offrait la matière première pour la fabrication d’une idéologie synthétique de rejet de l’Occident à laquelle les idéologues les plus fantasques des mondes arabe et islamique doivent beaucoup.

Quand l’empire ottoman se rangea aux côtés des Allemands au cours de la 1re guerre mondiale, le colonel britannique T.E. Lawrence réussit à inciter les Arabes du Hedjaz (actuellement Arabie Saoudite) à se rebeller contre le sultan ottoman. Les Britanniques promirent que toutes les terres arabes occupées par les Turcs ottomans leur reviendraient quand la guerre serait gagnée. Mais, avec la Déclaration de Balfour en 1917, les Britanniques promirent également une partie de ce même territoire aux Juifs pour en faire leur patrie. Pour ne pas arranger les choses, les Britanniques et les Français se promirent de surcroît les uns aux autres une grande partie de ces mêmes territoires en vertu de l’accord secret Sykes-Picot.

Du fait même qu’elle était impériale, la loi ottomane n’encourageait pas le progrès intellectuel ou matériel, comme le comprirent Eneas Silvius Piccolomini et Nicolas Cusanus dès la fin du XVe siècle, au début de la domination ottomane. Les peuples ottomans ne prirent part ni à la Réforme européenne ni aux guerres de religions, notamment à la Guerre de Trente ans, qui fit comprendre aux Européens que les solutions politiques et le non recours à la guerre étaient préférables aux hécatombes et aux massacres engagés par les factions religieuses doctrinaires. Le développement économique ottoman prit lui aussi du retard par rapport à l’Europe. Pour toutes ces raisons, il existe à l’heure actuelle essentiellement 4 types de régimes possibles dans les territoires jadis ottomans. À savoir :

1. Les monarchies réactionnaires : cette variante fut celle favorisée par les Britanniques à l’origine quand ils occupèrent divers États arabes sous mandat de la Société des Nations après 1918. En liaison avec la dynastie des Saoud et les Hachémites, les Britanniques instaurèrent la monarchie en Égypte, en Arabie Saoudite, en Irak, en Syrie et en Jordanie. Ces régimes, comme celui du roi Farouk d’Égypte, étaient en fait les marionnettes corrompues des impérialistes qui ne souhaitaient pas faire progresser leur pays mais plutôt amasser des richesses personnelles. En Arabie Saoudite, par exemple, l’esclavage est resté légal jusqu’en 1965 et a été encore largement pratiqué après cette date, surtout dans les ménages.

L’esclavage domestique reste courant dans les émirats du Golfe et se retrouve même dans les pages locales des journaux de Washington chaque fois qu’un diplomate du Golfe vient en en mission avec un ou deux de ses esclaves. L’ironie veut que l’esclavage a été aboli au Koweit grâce à l’invasion irakienne de 1990 et a été rétabli à la faveur de l’opération Tempête du désert de Bush en 1991 (Tarpley, 1996). La plupart des monarchies arabes ont été renversées, mais la monarchie demeure au Maroc, en Arabie Saoudite, en Jordanie et dans les micro-principautés du Golfe. L’Iran, bien que non arabe, a été dirigé par un empereur jusqu’en 1979. Il est clair que ces régimes ne sont pas favorables au développement économique ni au progrès des pays en général.

2. Les régimes nationalistes en voie de modernisation : il peut s’agir de républiques démocratiques, mais plutôt de gouvernements militaires éventuellement susceptibles d’évoluer vers une forme plébiscitaire de démocratie. Ils peuvent se dénommer eux-mêmes socialistes arabes, comme Nasser. Le meilleur espoir qu’ont les Arabes de rattraper les régions du monde les plus avancées en termes de progrès scientifique et technologique est offert par les régimes nationalistes dont le programme inclut le développement économique et la modernisation. Le meilleur exemple en est celui de Mustafa Kemal Atatürk qui créa la première épublique permanente en Asie, la République turque de 1923. Rejetant le sultanat et le califat au profit de la nation turque, Kemal introduisit la séparation de la religion et de l’État, faisant ainsi de la Turquie une république moderne et laïque. Il remplaça l’écriture arabe par l’alphabet latin, interdit le voile pour les femmes et le fez pour les hommes et encouragea le port du chapeau européen considéré comme un « couvre-chef civilisé. » Il découragea l’existence de harems et donna aux femmes le droit de voter et d’occuper des postes publics. Atatürk fit adopter le calendrier grégorien, le système métrique et les noms de famille. Un plan quinquennal dirigiste pour le développement économique fut introduit en 1933. Le droit public fut basé sur les codes civil et pénal européens et non plus sur la charia. Atatürk considérait que la religion devait être une question strictement personnelle et privée ; il toléra donc toutes les religions. Il faudrait mettre Atatürk en tête de la liste des créateurs de nations et des modernisateurs du XXe siècle (ou en tout cas parmi les premiers). Entre autres, il aida la Turquie à être la seule puissance vaincue de la 1re guerre mondiale à échapper à un régime fasciste.

Rétrospectivement, s’il y avait une seule expérience dans le monde musulman que les États-Unis auraient dû aider, cela aurait dû être celle d’Atatürk. Si ses idées avaient été plus largement répandues, on ne parlerait pas aujourd’hui de clash des civilisations. Face à des résultats aussi impressionnants, comment les Alliés de la 2e guerre mondiale, États-Unis compris, traitèrent-ils Kemal Atatürk ? Ils essayèrent par tous les moyens de le renverser, de l’isoler et de diviser la Turquie en une série de petits États. Si la paix de Paris en 1919 et le Traité de Versailles avec l’Allemagne étaient mauvais, le Traité de Sèvres imposé à la Turquie fut un acte dément et grotesque. C’était manifestement une paix destinée à mettre à jamais fin à la paix. La Turquie devait être divisée en zones d’occupations française, italienne et grecque ; le Bosphore et les Dardanelles étaient occupés par les Britanniques et les Français. Il y eut une tentative de créer une Arménie indépendante en Anatolie de l’Est. Les Britanniques et les Français essayèrent même d’inciter les États-Unis à s’emparer d’un morceau de Turquie mais, à l’époque, les Américains furent assez sages pour refuser. Ce fut une bonne idée car Atatürk était capable de battre les armées lancées contre lui par les Alliés ; il était capable de garantir l’indépendance et l’intégrité territoriale de son pays. Le sort brutal qu’il réserva aux Grecs et aux Arméniens, qui étaient du côté des Alliés, doit être replacé dans ce contexte. Mustafa Kemal ne fut pas le premier dans son genre, cet honneur est dévolu à Mohamed Ali Pacha d’Égypte, un général à l’ambitieux programme d’industrialisation et de réformes qui annexa également la Syrie en 1839, présageant la République arabe unie de Nasser.

3. Les dictatures héréditaires : Celles-ci sont apparues à la suite de la chute des monarchies ; parfois, elles prennent aussi la forme dégénérée d’un État nationaliste et modernisateur. Les exemples types en sont le régime de Hafez el-Assad et de son fils en Syrie après 1963 et, sans aucun doute, celui de Saddam Hussein en Irak, le premier étant de loin le plus odieux. Hafez el-Assad a dirigé un État policier meurtrier et envahissant où la minorité allaouite dominait une majorité mécontente. Pourtant, il a toujours été le chouchou de New York et de Londres : Kissinger a déclaré un jour qu’il espérait que Dieu lui pardonnerait mais qu’il y aurait toujours une petite place dans son cœur pour Hafez el-Assad. Les régimes de Hosni Moubarak en Égypte et de l’inconstant Kadhafi en Libye sont à classer dans cette catégorie.

4. Les théocraties intégristes : Le meilleur exemple en est l’Iran, ce qui est suffisant pour montrer que ce genre de régime ne peut pas être efficace pour assurer le développement national dans le climat hostile de la mondialisation. En 1978, le directeur de la Sécurité nationale de Carter, Zbigniew Brzezinski, désireux de se venger du soutien soviétique au Vietnam du Nord, se laissa convaincre par les arabisants et orientalistes britanniques que l’intégrisme islamique pouvait être utilisé pour déstabiliser les 5 grandes républiques d’Asie Centrale à majorité musulmane de l’URSS : le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, la Khirguizie et le Turkménistan. Cette stratégie pouvait également être employée pour faire voler en éclats le labyrinthe ethnique du Caucase et de la Trans-Caucasie, notamment en Tchétchénie. De cette manière, affirmait Brzezinski, l’intégrisme islamique pourrait devenir le « rempart ultime contre le communisme. » Afin d’avoir un centre puissant à partir duquel irradierait cette nouvelle idéologie, Brzezinski et Carter fomentèrent une pseudo-révolution typique de la CIA, du style « le peuple au pouvoir », cette fois avec des nuances d’intégrisme islamique, afin de renverser le Shah d’Iran en 1979. Sur le plan personnel, le Shah était un monstre à plusieurs titres ; la Savak n’avait rien à envier aux polices secrètes les plus meurtrières au monde. Toutefois, le Shah faisait venir des entreprises de construction européennes pour créer des infrastructures et des villes entièrement nouvelles. Citons en exemple la gigantesque opération de construction à Bandar Abbas (aujourd’hui Bandar Khomeini) par l’entreprise de génie civil Condotte d’Acqua sous Loris Corbi. Mais comme le Shah ne tolérait aucune activité politique libre, il n’avait aucun parti populaire derrière lui. L’instrument choisi pour le renverser fut l’Ayatollah Khomeini, un personnage ignorant d’une noirceur ineffable, pire que Savonarole. Ne nous leurrons pas : Brzezinski fit tout pour renverser le Shah et pour s’assurer ensuite qu’aucun politicien laïc, tel que Shapour Bakhtiar, ne prenne le pouvoir. Le général de l’armée de l’Air américaine, Robert Huyser, de l’état-major de Haig à l’OTAN, fut envoyé en Iran avec le message que seul Khomeini serait accepté par les États-Unis (Dreyfus et La Levée, p. 50-53). L’ascension de Khomeini représenta une innovation dans l’histoire récente du Moyen-Orient : l’Iran devint une théocratie de religieux et de mollahs, financée par de riches marchands du bazar et leurs intérêts. L’avènement de Khomeini signifia le gel, voire la régression, du développement économique et culturel de l’Iran pendant plus de vingt ans. Mais l’Iran de Khomeini devint un centre de propagation de l’idéologie intégriste islamique, exactement comme Brzezinski l’avait souhaité, même si ceux qui en payèrent le prix ne furent pas uniquement les Soviétiques. Bientôt, les services secrets anglo-américains purent monter l’Irak contre l’Iran dans la guerre des années 1980 qui dura 8 longues années et ruina encore plus les deux pays. Les Israéliens furent si satisfaits de cette guerre (où les mollahs iraniens lançaient des assauts suicides d’enfants contre les positions irakiennes fortifiées) qu’ils auraient préféré qu’elle ne se termine jamais.

En dépit des sottises proférées par les néo-conservateurs sur la démocratie, et ce qu’on appelle l’initiative de Bush pour le Proche-Orient, les États-Unis n’ont jamais eu de plan sérieux pour instaurer la démocratie en Irak. Pour commencer, on ne peut pas sérieusement qualifier les États-Unis de démocratie ; les États-Unis ont toujours été et sont encore une oligarchie selon la définition de Platon : « constitution où grouillent beaucoup de maux… basée sur la propriété… où les riches détiennent tous les postes et d’où les pauvres sont exclus », un système qui favorise « les membres d’une classe dirigeante, l’oligarchie » (La République, p. 544c, 550c, 545a). À n’en pas douter, le régime instauré par les États-Unis en Irak au printemps de 2003 était une… oligarchie composée de 25 oligarques fantoches triés sur le volet et dotés d’une présidence tournante faible. Ces arrangements ont été repris lors du prétendu rétablissement de la souveraineté de l’Irak. L’intervention des États-Unis en Russie post-communiste a favorisé de la même manière la domination oligarchique à travers la coterie Eltsine. À l’heure actuelle, la base matérielle et économique permettant d’établir une démocratie à l’occidentale en Irak est sans doute insuffisante, même s’il est vrai qu’elle pourrait apparaître après plusieurs années de reconstruction économique. Mais en tout état de cause, il est clair que les États-Unis, dans leur constitution actuelle, ne sont plus une puissance progressiste sur la scène mondiale, ce qui n’a pas toujours été le cas dans le passé.

Le secret de Polichinelle du monde après 1945 est que les États-Unis et les autres pays de l’OTAN se sont systématiquement et implacablement opposés au scénario raisonnable du nationalisme laïque modernisateur dans les pays arabes et islamiques, tout en favorisant l’alternative intégriste, de préférence aussi ignorante que possible. Les nationalistes laïques modernistes sont de loin les adversaires les plus efficaces de l’impérialisme : ils ont le potentiel de réaliser des progrès politiques, diplomatiques et culturels pour leur pays. Les théocrates réactionnaires sont plus faciles à isoler car leur séduction est plus limitée. Dans la pratique, Washington et Londres ont toujours encouragé la montée des intégristes tout en tentant d’éliminer les nationalistes modernistes.

Ajoutons que si des personnages intégristes tels que l’Ayatollah Khomeini étaient funestes à de nombreux titres, il existe aujourd’hui des personnalités qui se disent islamistes et sont parfaitement raisonnables, par exemple Adel Hussein en Égypte ou Hassan Tourabi au Soudan. On semble trouver chez eux comme l’écho de l’impulsion progressiste des années 1950-1960, exprimée aujourd’hui dans l’idiome islamique dominant. De façon significative, ces individus sont sans cesse vilipendés et pris pour cibles par les impérialistes de tout poil. Si des politiques raisonnables devaient un jour réapparaître en Occident, les islamistes modérés n’auraient pas de mal à trouver des modes de coopération.

En dépit de l’hostilité anglo-américaine, les dirigeants arabes du style de Nasser avaient une certaine marge de manœuvre tant que les Soviétiques offraient une sorte d’alternative à Washington et Londres. Mais quand l’URSS périclita pour finir par se désintégrer, cette marge rétrécit de plus en plus et disparut définitivement en 1991, date à laquelle les Soviétiques ne purent rien faire pour leur ancien allié, l’Irak.

L’Iran : À la suite de la 2e guerre mondiale, la première tentative d’instaurer un nationalisme progressiste à la Mustafa Kemal survint à l’ascension du Premier ministre Mossadegh en Iran. Le programme de Mossadegh se concentra sur la nationalisation, en 1951, de l’Anglo-Iranian Oil Company, connue de nos jours sous le nom de BP. Avec la fin du protectorat britannique en Iran, la toute jeune CIA d’Allen Dulles et Kermit Roosevelt organisa un coup d’État contre Mossadegh suivi du rétablissement de la mainmise impérialiste sur le pétrole iranien et d’une ère réactionnaire sous le Shah.

L’Égypte : En 1952, un groupe d’officiers nationalistes détrôna le roi Farouk, notoirement inepte et corrompu. Un coup d’État de jeunes officiers porta au pouvoir le colonel Gamal Abdel Nasser. Le programme nationaliste progressiste de Nasser commença par l’expulsion des Britanniques et se poursuivit avec la nationalisation du canal de Suez, les sommes récoltées par les droits de passage étant destinées à financer la construction du barrage d’Assouan sur le Nil. Le projet d’Assouan était indispensable pour la régulation des crues et pour l’énergie hydroélectrique, sur le modèle de la Tennessee Valley Authority de Franklin D. Roosevelt. Après le départ des Britanniques, Nasser s’empara en fanfare du canal et devint un héros national. Il se heurta aussitôt au Premier ministre Sir Anthony Eden et aux frères Dulles et devint bientôt la cible d’une intrigue anglo-franco-israélienne : Israël allait lancer une attaque surprise dans le Sinaï et les forces d’intervention anglo-françaises reprendraient le canal sous prétexte de rétablir l’ordre. Cette conspiration grossière mena à la crise d’octobre/novembre 1956 et fut considérée par le Président Eisenhower comme un affront personnel. L’URSS ayant envoyé un unique ultimatum nucléaire aux Anglo-Français, menaçant Londres et Paris de destruction atomique, les États-Unis s’associèrent à l’URSS au Conseil de sécurité de l’ONU pour voter contre les impérialistes Anglo-Français à l’ancienne mode et leurs auxiliaires israéliens. La position des États-Unis au Proche-Orient après 1956 s’appuya sur la large sympathie conquise par Washington qui avait ainsi torpillé l’aventure impérialiste britannique et française. Malheureusement, ce capital-amitié fut totalement dilapidé dans les décennies suivantes, où les États-Unis jouèrent, à leur tour, le rôle d’oppresseur impérialiste n° 1 des États arabes. Mais en 1956, l’Égypte de Nasser était manifestement devenue le chef de file des États arabes et le noyau d’une tentative de réunification du monde arabe sous la forme d’une République Arabe Unie, à laquelle se joignirent la Syrie et le Yémen, et vers laquelle l’Irak sembla un moment se rapprocher. Nasser utilisa sa radio, la Voix des Arabes, pour condamner la monarchie saoudienne pour sa pratique de l’esclavage mobilier, particulièrement de Noirs africains. L’Égypte fut la cible d’une autre attaque surprise d’Israël, la Guerre des Six Jours de juin 1967. Elle ne fut pas capable de prendre sa revanche lors de la Guerre du Kippour de 1973 orchestrée par Kissinger. Quant à Nasser, il fut impitoyablement traqué jusqu’à sa mort en 1970. Il fut remplacé par Sadate qui expulsa les conseillers soviétiques que Nasser avait fait venir. Mais même Sadate se montra trop nationaliste pour les Anglo-américains : il fut assassiné en 1980 par un groupe parmi lequel on trouvait al-Zawahiri, réputé être actuellement le bras droit et le médecin personnel de ben Laden. Malgré son rôle dans l’assassinat de Sadate, Zawahiri put vivre ouvertement à Londres pendant des années. Cela laisse penser qu’il est bel et bien un agent du MI-6.

L’Irak : Quand les Britanniques prirent le contrôle de l’Irak en 1919, ils y instaurèrent la monarchie réactionnaire des Hachémites. En 1958, le monarque fantoche Fayçal fut assassiné. Le général Kassem devint Premier ministre et lança un programme de réformes qui comprenait la constitution progressiste de 1959. Cette constitution et les autres lois de l’époque de Kassem imposèrent l’alphabétisation, abolirent l’esclavage et garantirent aux femmes l’égalité des droits. L’impact de ces réformes fut durable. Pour ne citer qu’un exemple, au milieu des années 1970, l’Irak était représenté à Rome par l’ambassadrice Selima Bakir, une femme extrêmement intelligente. Comme tout bon nationaliste, Kassem décida que le Koweit faisait partie intégrante de l’Irak. Il avait raison sur ce point, car le Koweit avait été illégalement détaché de l’empire ottoman par les Britanniques en 1899 pour empêcher que le chemin de fer Berlin-Bagdad, financé par les Allemands, ne puisse atteindre l’extrémité du Golfe. En 1962, les Britanniques fomentèrent une révolte des Kurdes du clan Barzani et Kassem fut assassiné en 1963 par la CIA. Lorsque Kassem fut remplacé par Saddam Hussein, à l’époque pion de la CIA, les chances de développement de l’Irak furent fortement restreintes. Les aspects positifs de l’Irak sous Saddam Hussein étaient dans une large mesure le legs de Kassem.

Le Pakistan : La grande chance de modernisation du Pakistan se présenta sous Ali Bhutto au milieu des années 1970. Bhutto était décidé à mettre son pays à la pointe de la technologie moderne avec un programme nucléaire pacifique dans la tradition d’Eisenhower et de « l’atome pour la paix. » Il ne tarda pas à trouver sur son chemin Kissinger, qui le menaça d’en faire un terrible exemple s’il n’abandonnait pas ses projets ambitieux. Peu après, Bhutto fut renversé par le coup d’État du général Zia ul Haq, soutenu par les États-Unis. Bhutto, sous le coup de diverses accusations, fut pendu par le nouveau régime, conformément aux menaces de Kissinger. Plus tard, sa femme et ses enfants se réfugièrent en Allemagne de l’Ouest. Les tendances intégristes proliférèrent depuis sa mort.

Le Kosovo : Quand la République Fédérale de Yougoslavie commença à se désintégrer en 1991, la population albanaise musulmane du Kosovo, sous la direction du parti laïc nationaliste LDK, réagit par une auto-administration efficace et non-violente qui lui permit de défier les occupants serbes jusqu’à la fin des années 1990. Mettant en pratique la résistance passive, les Kosovars créèrent leur propre gouvernement parallèle, avec leur propre système scolaire, leurs élections distinctes, leur système de santé publique et leur réseau parallèle d’entreprises. Le chef de cet effort remarquable était Ibrahim Rugova qui effectua pèlerinage sur pèlerinage à Washington dans les années 90, portant toujours l’écharpe parisienne de soie rouge qui le caractérisait. Mais les États-Unis ne voulurent jamais lever le petit doigt pour Rugova et le très raisonnable LDK. Quand la Slovénie, la Croatie et la Bosnie se séparèrent de la Yougoslavie dominée par les Serbes, Rugova hésita : les Kosovars, contrairement aux autres, n’avaient pas d’armes et les États-Unis ne leur en avaient jamais fourni. En 1997, l’Albanie voisine, avec qui les Kosovars voulaient se réunir, se désintégra à la suite de l’effondrement d’une escroquerie spéculative. Lors de la désagrégation de l’État albanais, ses dépôts d’armes furent pillés et celles-ci prirent rapidement le chemin du Kosovo. Cela permit la constitution de l’Armée de libération du Kosovo (KLA), ensemble douteux composé de trafiquants de drogue, d’intégristes islamistes, kosovars ou non, et de terroristes purs et durs. Les conflits s’intensifiant entre la police serbe et la KLA, les Serbes se mirent à se comporter comme n’importe quel occupant, et les atrocités de part et d’autre devinrent monnaie courante. Cette fois, les États-Unis, en la personne de Madeleine Albright, apportèrent leur soutien direct aux terroristes de la KLA. À partir de mars 1999, les États-Unis et l’OTAN entamèrent une campagne criminelle de 78 jours de bombardements contre la Serbie. Ce fut l’un des grands actes de vandalisme international de la fin du XXe siècle. Le tout, pour soutenir les revendications liées à la KLA. Quant à Rugova et au LDK, ils furent écrasés et les États-Unis devinrent de plus en plus tributaires de la KLA.

Afghanistan : Dans les années 50, sous le règne du roi Mohammed Zahir Shah qui était monté sur le trône en 1933, le pays avançait peu à peu sur le chemin de la modernisation. Le développement de l’Afghanistan a toujours dépendu de la construction, jamais terminée, d’un vaste complexe hydroélectrique au centre du pays. Le roi fut déposé en 1973. Vers 1978, on vit émerger le régime progressiste de Noor Mohammed Taraki, poète et romancier pro-marxiste aux talents très particuliers. Taraki légalisa les syndicats, instaura un salaire minimal, soutint le logement, les services publics de santé et d’assainissement. Il encouragea des améliorations au statut des femmes et essaya d’éradiquer la culture du pavot qui faisait de son pays le premier producteur mondial d’héroïne. Il effaça également les dettes des agriculteurs, y compris des métayers, et entama des réformes agraires pour briser la mainmise des propriétaires absents et des latifundistes. Taraki toucha donc aux intérêts féodaux, très puissants dans le pays. Brzezinski, qui pensait que Taraki était un pion des Soviétiques, se vanta plus tard auprès du Nouvel Observateur qu’en 1979, des équipes de déstabilisation étasuniennes avaient lancé une opération clandestine contre Taraki en jouant principalement la carte de l’intégrisme islamique. Cela fut suivi en septembre 1979 d’un coup d’État soutenu par les États-Unis et fomenté par Hafizulla Amin, agent de la CIA, qui exécuta Taraki et annula ses réformes au nom de l’instauration d’un État islamique au service des propriétaires terriens féodaux. Les mesures réactionnaires d’Amin provoquèrent un retour de flamme contre lui et il fut renversé à son tour 2 mois plus tard. Face aux assauts répétés des moujhahidin « pavot-culteurs » de Brzezinski, les Soviétiques envahirent l’Afghanistan à Noël 1979. Dans les différentes phases de la guerre d’Afghanistan qui suivit, la CIA ne cessa jamais de soutenir les factions les plus incultes, les plus réactionnaires et les plus favorables à la culture de l’opium, en particulier celle de leur favori : Gülbuddin Hekmatyar.

La CIA recherchait des forces d’une négativité absolue qui s’isolent elles-mêmes, incapables de s’entendre avec l’Iran ni avec quiconque. Au cours des 10 années de guerre qui suivirent (décembre 1979-février 1989), l’Afghanistan fut économiquement et démographiquement anéanti. La 2e génération des moudjahidin de Brzezinski (étudiants islamiques intégristes ou talibans) prit le pouvoir en 1994. Comme Pol Pot au Cambodge à la suite des bombardements destructeurs de Kissinger dans les années 1970, les talibans instaurèrent une régression inqualifiable vers la barbarie. Mais tout comme Kissinger et G.H.W. Bush avaient soutenu Pol Pot, l’administration Bush trouva de nombreuses manières de soutenir les talibans qui étaient très bien vus en raison de leur incapacité à s’allier à l’Iran ou à la moindre république ex-soviétique d’Asie centrale. Comme le souligne Michael Parenti, en 1999, les salaires de l’ensemble du gouvernement talibans étaient payés par les contribuables américains (Parenti, p. 65). Sous Bush, ce soutien devint encore plus explicite : les lobbyistes d’Unocal proposèrent aux talibans un marché en vue de construire leur oléoduc vers l’Asie centrale. Au cours de cette phase, Kissinger, le néo-conservateur Zalmay Khalilzad, le fonctionnaire antiterroriste du Département d’État à la retraite Robert Oakly et Leila Helms (fille de l’ancien directeur de la CIA) menèrent des efforts de lobbying couronnés de succès au profit d’Unocal.

Le but du jeu était que les talibans ne figurent pas sur la liste des terroristes du Département d’État, ce qui aurait bloqué la construction de l’oléoduc. Au cours du premier printemps de son mandat, Bush offrit une importante subvention aux talibans. Cela poussa le chroniqueur Robert Scheer à faire observer : « Mettez vos filles et vos femmes en esclavage, accueillez des terroristes anti-américains, détruisez tout vestige de civilisation dans votre pays et l’administration Bush vous aimera de tout son cœur. Tel est le message que comporte le cadeau récent de 43 millions de dollars fait aux dirigeants talibans d’Afghanistan. Ce cadeau… place les États-Unis en première place dans la liste des sponsors des talibans » (« Le pacte faustien de Bush avec les talibans », Los Angeles Times, 22 mai 2001).

La Palestine : À la suite de l’occupation par Israël de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de la péninsule du Sinaï en juin 1967, les Israéliens se retrouvèrent avec quelque 2 millions de Palestiniens à gouverner. Le système des Nations Unies interdit d’annexer des territoires conquis militairement sans l’aval du Conseil de sécurité, aval qui, en l’occurrence, fut refusé. Au contraire, le Conseil de sécurité vota la résolution 242 demandant à Israël de se retirer jusqu’aux frontières internationalement reconnues de juin 1967. Pendant la course à la guerre d’Irak, les porte parole de Bush accusèrent l’Irak d’avoir violé quelque 17 résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, oubliant fort à propos qu’Israël était le champion en la matière puisque depuis 1967, ce pays viole régulièrement pas moins de 30 résolutions sur les territoires occupés. Mais les États-Unis n’ont jamais menacé d’appliquer la force pour obliger Israël à les appliquer. En Palestine, l’occupation israélienne fut opprimante et humiliante ; bientôt, la résistance s’organisa avec l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Son chef était Yasser Arafat, un nationaliste laïc plus ou moins de mouvance nassérienne. Comme l’OLP n’avait presque pas d’armes et que la présence de l’armée israélienne était dominante, les Palestiniens se mirent à faire ce que les Juifs avaient fait entre 1945 et 1948 contre l’occupation britannique sur le même territoire : ils lancèrent une guérilla, aussitôt qualifiée de terrorisme par les occupants. Israël refusa toujours de reconnaître l’existence du peuple palestinien. La preuve du contraire ne tarda pas. Dès le début, le Mossad s’employa activement à perpétrer des actes de provocation en cherchant à les faire attribuer à l’OLP et à ses partisans. C’est pourquoi on est en droit de douter de la paternité des détournements d’avions et de l’attaque commise lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972. Plus ces attentats étaient horribles, plus l’opinion publique condamnait l’OLP. Il ne fait pas de doute que le Mossad contrôlait une partie du comité central de l’organisation connue sous le nom d’Abou Nidal d’après le nom de guerre de son chef Sabri al-Banna. En 1978-1979, l’organisation connue sous le nom de Hamas vit le jour dans les territoires occupés, juste après le commencement de l’Intifada. Le Hamas combina un fort engagement dans les services sociaux de voisinage avec le refus de négocier avec Israël et la revendication d’une solution militaire qui n’allait pas manquer d’être taxée de terrorisme. Il est intéressant de noter que l’un des principaux sponsors du Hamas était Ariel Sharon, ancien général, à l’époque membre du cabinet ministériel.

Ces faits sont largement admis : l’ambassadeur étasunien en Israël Daniel Kurtzer, Juif pratiquant, déclara à la fin de l’année 2002 que le Hamas était né « avec le soutien tacite d’Israël » parce que, vers la fin des années 80, « Israël avait cru qu’il était préférable que les gens se tournent vers la religion plutôt que vers une cause nationaliste » (Ha’aretz, 21 décembre 2001). À peu près au même moment, en Israël, lors d’un débat acrimonieux au cabinet, le député extrémiste à la Knesset Silva Shalom déclarait : « Entre le Hamas et Arafat, je choisis le Hamas… Arafat est un terroriste déguisé en diplomate alors qu’on peut frapper impitoyablement le Hamas » (Ha’aretz, 4 décembre 2001). Là-dessus, Shimon Peres et les autres ministres travaillistes quittèrent la salle. Arafat fit connaître son propre point de vue : « Le Hamas est une création d’Israël qui, à l’époque du Premier ministre Shamir, lui a donné de l’argent et lui a offert plus de 700 institutions dont des écoles, des universités et des mosquées. Même Rabin [Premier ministre d’Israël] a fini par l’admettre quand je l’en ai accusé en présence de Moubarak » (Corriere della Sera, 11 décembre 2001). Avec une arrogance incroyable, les États-Unis déclarèrent qu’Arafat n’était pas un partenaire de négociation acceptable. Cela revenait à choisir effectivement le Hamas (ou pire), ce qui représentait un acte de démence incommensurable pour Israël et pour les États-Unis eux-mêmes.

La liste pourrait s’allonger indéfiniment. Au Bangladesh, Kissinger persécuta Sheikh Mujibour Rahman, de la Ligue Awami, principale force nationaliste après l’indépendance au début des années 1970. Au Liban, Kissinger fit son possible pour détruire la constitution multi-religieuse de 1947 et provoquer une guerre civile. Plus tard, quand le général Aoun, Chrétien maronite mais surtout nationaliste libanais, tenta de sauver l’indépendance de son pays, il fut saboté par les États-Unis.

Le revers de la médaille est le traitement brutal infligé aux Européens désireux de conclure des transactions de développement avec les d’États arabes, bien évidemment en vue d’avantages mutuels. L’élimination d’Enrico Mattei, de la compagnie pétrolière nationale italienne ENI, est un exemple bien connu de cette politique. Le banquier allemand Jürgen Ponto voulait financer des projets de développement dans le monde arabe et en Afrique ; il fut liquidé en 1977 par la bande Baader-Meinhof, qui servait évidemment de couverture à la CIA et au MI-6. 

Le général de Gaulle survécut à une trentaine de tentatives d’assassinat, dues à des motivations multiples, mais parmi lesquelles figurait en bonne place la diplomatie pro-arabe du gouvernement français.

Vu la persécution implacable des chefs nationalistes arabes par les États-Unis et par l’OTAN, cette lignée a presque totalement disparu de la scène. Devant le choix restreint offert par les monarchies réactionnaires, telles que celle des Saoud, les dictatures répressives dans le genre de celle d’Hafez el Assad, ou les expériences d’islamisme intégriste, il n’est pas surprenant que beaucoup de jeunes Arabes choisissent l’islamisme. Si cela ne plaît pas aux puissances occidentales, il faut leur rappeler que ce sont elles qui ont causé, par leur arrogance impérialiste, la quasi-extinction du nationalisme progressiste.

Comme je l’ai dit en 1994 dans mon discours à la Conférence inter-religieuse à Khartoum (Soudan), le christianisme repose sur deux grands commandements : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même. L’amour de Dieu est une question de foi, et il peut s’avérer impossible de s’entendre sur les détails de ce précepte. En revanche, un accord est éminemment possible sur la deuxième partie de la proposition : la règle d’or de l’amour du prochain. Dans le monde actuel, aimer son prochain se traduit par des bonnes œuvres sous la forme de projets de développement économique et infra-structurel à grande échelle, dans le but de mener à bien tout ce qui n’a pas encore abouti depuis la fin de la 2e guerre mondiale : assurer l’intégralité du progrès scientifique, technique et économique des anciennes colonies du Tiers-monde. Là-dessus, la charité chrétienne rejoint la solidarité sociale musulmane, la bienveillance confucéenne, les impératifs semblables du Bouddhisme et de l’Hindouisme ainsi que la bonne volonté des citoyens laïcs.

Il n’y a pas si longtemps, l’ONU célébrait les Décennies du Développement, organisait de nombreuses conférences destinées à échanger du pétrole contre du savoir-faire technologique et engageait des efforts internationaux connexes pour promouvoir le développement économique dans
le monde. Aujourd’hui, tous ces efforts ont disparu. La seule chose qui reste est la mondialisation, qui est en train de détruire les mondes arabe et islamique tout comme elle détruit le reste de la planète. Les penseurs au cerveau dérangé tels que Huntington, Brzezinski ou Kissinger s’imaginent que leur géopolitique rudimentaire défend intelligemment, et même subtilement, les intérêts impérialistes des États-Unis. En réalité, leur politique est suicidaire. Si l’on voulait dresser la liste des politiques qui ont été bénéfiques pour les États-Unis dans le passé, on obtiendrait ceci :

La Doctrine Monroe : pour que les États-Unis s’imposent comme le soutien au droit des petits pays à disposer librement des espaces marins et comme des opposants à la colonisation européenne.

La Charte Atlantique de 1941 : pour proposer que les 4 libertés (liberté de parole, liberté de culte, droit de vivre sans peur et droit d’être protégé du besoin) constituent la base du monde d’après-guerre.

Les accords de Bretton Woods de 1944-1971 : pour appliquer les méthodes du New Deal à l’instauration du plus grand développement économique jamais connu dans le monde.

Le Plan Marshall de 1947 : pour fournir un modèle de reconstruction à l’Europe ravagée par la guerre et empêcher la résurgence d’une dépression économique aux États-Unis.

La réaction des États-Unis à la crise de Suez en 1956 : pour répudier la domination impérialiste sur le Proche-Orient et plaider en faveur d’un traitement équitable des Arabes.

Ces politiques ont largement contribué à accorder aux États-Unis une position dominante dans le monde au cours du 3e quart du XXe siècle. Les néo-conservateurs d’aujourd’hui et leurs compagnons de voyage sont structurellement et caractériellement incapables de proposer quoi que ce soit d’aussi efficace. Il faut une équipe dirigeante nouvelle dans la foulée du réalignement des partis attendu aux États-Unis. Bien sûr, ces politiques devront s’accompagner de la création d’un d’État palestinien indépendant et souverain en Cisjordanie et à Gaza, rendu viable par un programme général de développement économique dont bénéficieraient tous les d’États de la région, Israël compris.

D’ici là, les États-Unis doivent abandonner leur hypocrisie en matière de terrorisme : la politique israélienne d’assassinats ciblés d’opposants, sans procès ni jugement, est l’essence même du terrorisme parrainé par l’État, et cela restera vrai même si cette politique est avalisée par Cheney. Les États-Unis ont fourni à Israël pour 70 milliards de dollars d’armes, dont des F-16 et des missiles qui servent à tuer des civils palestiniens en violation directe du droit étasunien. Toute cette aide américaine devrait plutôt servir de moyen de pression pour faire accepter à Israël la solution des deux États. Ces démarches seraient éminemment utiles pour paralyser le recrutement de terroristes.

Webster G. Tarpley, La Terreur Fabriquée, Made in USA

Héros et hors-la-loi



Dans notre société en décomposition, la « geste » de l'oligarchie consiste en rapines financières et malversations de salon.

Une partie de la jeunesse est écœurée par les "exploits" des bourgeois de droite et de gauche (8 ministres socialistes sont millionnaires). Ce sont les maîtres emberlificoteurs, les roublards, les pourris en costard de la 5ème République. A cette espèce d'individus falots et combinards, des jeunes, qui subissent la précarité et le chômage, préfèrent le résistant illégal, l'intrépide et impitoyable hors-la-loi qui fait tout sauter sur son passage, comme Redoine Faïd s'évadant de prison à l'aide d'explosifs.

A Creil, où vivait Redoine Faïd, le braqueur est vu comme un « guerrier ».

"Un loup en fuite", "un guerrier", "un héros"… Dimanche, les éloges pleuvaient dans le quartier d'origine de Redoine Faïd pour décrire le braqueur de 40 ans en cavale depuis samedi matin. Rue Guynemer, à Creil (Oise), où il avait emménagé avec sa famille en 1975 dans un appartement HLM de 120m², le malfrat qui se disait repenti est érigé en figure du quartier. "On n'a qu'une seule personne connue ici. C'est lui, explique un garçon. Nous, les jeunes, on ne le connaît pas vraiment car il n'est pas de notre génération, ajoute-t-il. Mais c'est un peu un mythe. Il a mis en avant le quartier Guynemer !"
Lire la suite : http://www.20minutes.fr/france/1137595-braqueur-heros-quartier-origine

Dans un pays dirigé par des parasites et des incapables, des bandes de guérilleros-voleurs commandées par des Redoine Faïd sortiront-elles des cités ? 

Dans un texte prophétique hindou, il est dit : « Des groupes de bandits s'organiseront dans les villes et les campagnes ». (Lingä Purânä)  http://bouddhanar.blogspot.fr/2010/07/lage-noir.html

 

Niqab, turban & vêtement traditionnel



« Sous mon niqab » est un récit, écrit par Zeina, une jeune française née en France, élevée au sein d’une famille musulmane traditionnelle dans une banlieue banale. Pendant des années Zeina s'est soumise. « Sous son niqab, elle avait peur de se révolter. Hantise des coups, angoisse du déshonneur, terreur de l'Enfer dont la menaçaient les « sœurs » de la mosquée depuis qu'elle était enfant », précise Djéname Kareh Tager, la mystérieuse journaliste qui a utilisé le témoignage de Zeina pour faire paraître « Sous mon niqab. Je l'ai enlevé au péril de ma vie », livre salué par la critique islamophobe.

Toutefois, dans sa postface, Zeina écrit ceci :

« Un jour, mon enfant était déjà au lit, j'ai eu envie de prier. J'étais seule, j'ai éteint la télévision, j'ai ressorti mon jilbab de l'armoire, je l'ai porté, j'ai prié. Par décision personnelle, sans qu'on me le demande, sans qu'on m'y force. Ce n'était pas une corvée, mais un besoin : il me fallait remercier Allah pour Ses bienfaits, Le remercier d'avoir toujours été à mes côtés, même quand je Le soupçonnais de m'avoir tourné le dos. C'est ce que me disaient mes parents quand j'étais au fond du gouffre, quand j'étais avec mon mari, à l'époque je ne les croyais pas. Pourtant, combien ils avaient raison! Après la prière, j'ai replié mon jilbab, j'ai remis mon jean. J'ai prié le lendemain aussi : le matin avant d'aller au travail, le soir pour compléter toutes les autres prières que je n'avais pas effectuées durant la journée. Et tous les jours qui ont suivi. J'ai prié comme une vraie croyante, observante de la lettre du Coran qui nous dit clairement : La ikraha fil din, « Il n'y a pas de contrainte en religion ».

Pour comprendre le besoin de Zeina de revêtir son jilbab, il ne faut pas oublier ce que représente le vêtement traditionnel :

« Le turban — a dit le Prophète — est une frontière entre la foi et l'incroyance », et encore : « Ma communauté ne déchoira pas tant qu'elle portera des turbans »; on cite également les ahâdith suivants « Au Jour du Jugement, l'homme recevra une lumière pour chaque tour de turban (kawrah ) autour de sa tête »; « Portez des turbans, car vous gagnerez ainsi en générosité. » Ce que nous voulons relever ici, c'est que le turban est censé conférer au croyant une sorte de gravité, de consécration et aussi d'humilité majestueuse ; il le retranche des créatures chaotiques et dissipées, — les « errants » (dâllûn) de la Fâtihah, — le fixe sur un axe divin — la « voie droite » (eç-çirât el-mustaqîm) de la même prière — et le destine ainsi à la contemplation; en un mot, le turban s'oppose comme un poids céleste à tout ce qui est profane et vain. Comme c'est la tête — le cerveau — qui est pour nous le plan de notre choix entre le vrai et le faux, le durable et l'éphémère, le réel et l'illusoire, le grave et le futile, c'est elle qui doit porter la marque de ce choix; le symbole matériel est censé renforcer la conscience spirituelle, comme c'est le cas, du reste, de toute coiffure religieuse ou même de tout vêtement liturgique ou simplement traditionnel. Le turban « enveloppe » en quelque sorte la pensée, toujours prête à la dissipation, à l'oubli et à l'infidélité ; il rappelle l'emprisonnement sacré de la nature passionnelle et déifuge. La Loi coranique fait fonction de rétablissement d'un équilibre primordial perdu, d'où ce hadîth : « Portez des turbans et distinguez-vous par là des peuples (« déséquilibrés ») qui vous ont précédés. »

(La haine du turban, comme celle du « romantique », du « pittoresque », du « folklorique », s'explique par le fait que les mondes « romantiques » sont précisément ceux où Dieu est encore vraisemblable ; quand on veut abolir le Ciel, il est logique de commencer par créer une ambiance qui fait apparaître les choses spirituelles comme des corps étrangers ; pour pouvoir déclarer avec succès que Dieu est irréel, il faut fabriquer autour de l'homme une fausse réalité, qui sera forcément inhumaine, car seul l'inhumain peut exclure Dieu. Ce dont il s'agit, c'est de fausser l'imagination, donc de la tuer ; la mentalité moderne, c'est le plus prodigieux manque d'imagination qui se puisse imaginer.)

Quelques mots sur le voile de la femme musulmane s'imposent ici. L'Islam tranche sévèrement entre le monde de l'homme et celui de la femme, entre la collectivité totale et la famille qui en est le noyau, ou entre la rue et le foyer, comme il tranche aussi entre la société et l'individu et entre l'exotérisme et l'ésotérisme ; le foyer — comme la femme qui l'incarne — a un caractère inviolable, donc sacré. La femme incarne même d'une certaine façon l'ésotérisme en raison de certains aspects de sa nature et de sa fonction ; la « vérité ésotérique » — la haqîqah — est « sentie » comme une réalité « féminine », comme c'est aussi le cas de la barakah. Le voile et la réclusion de la femme sont du reste en rapport avec la phase cyclique finale que nous vivons — et où les passions et la malice dominent de plus en plus — et présentent une certaine analogie avec l'interdiction du vin et le voilement des mystères. »

Frithjof Schuon
 
 

Drones tueurs & déclin du courage


Les "combattants" étasuniens tuent lâchement leurs adversaires en utilisant des drones.

« Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, ainsi que, bien entendu, l’Organisation des Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel, mais ce ne sont pas ces gens-là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, dans leurs discours, et plus encore dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un État sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance – à l’égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement hors d’état de rendre un seul coup. Alors que leur langue sèche et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur.

Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin ? »


Alexandre Soljénitsyne

La Stratégie Juive Sioniste



par Hosein Imran Nazar


Une des dimensions de la stratégie Juive Sioniste d'ensemble a été la tentative de contrôle de l'environnement stratégique d'Israël en cultivant des alliances de convenances avec une élite corrompue, indéfiniment riche, prédatrice et impie qui contrôle désormais les communautés Arabo-musulmanes entourant Israël, pour le compte d’Israël. Cette élite est obligée d'entretenir des relations amicales avec Israël afin de maintenir sa position de pouvoir, de domination, de privilège et de richesse. Les Juifs font constamment pression sur cette élite pour qu’elle opprime les Musulmans afin soit de les contraindre a se soumettre a Israël, soit de faire en sorte que leur opposition ne représente aucune menace pour les Juifs. Lorsqu’Israël intensifie son oppression en Terre Sainte et que les masses Arabo-Musulmanes deviennent enragées, alors l'élite dirigeante est obligée, pour une question de survie, d'adopter une posture de colère contre Israël. Cette stratégie (de l’élite) Arabo-juive a aujourd’hui atteint un stade avance de mise en œuvre. Mais il y a en cela de la ruse et de l’opportunisme diaboliques. Et c’est la stratégie d’un peuple qui a essentiellement abandonne les fondements éthiques de la religion d’Abraham (sallalahu ‘alaihi wa sallam). La stratégie Juive requiert le fait qu’ils abandonneront un jour cette élite arabe avec laquelle ils ont établi des alliances de convenance. En effet, cette stratégie d’abandon de cette élite Arabe a déjà commencé. Au moment même ou nous écrivons (2002), Israël se prépare a une guerre contre les Musulmans Arabes a laquelle résultera l’extension du territoire de l’Etat Juif. Israël régnerait alors sur toute la région en étant l’Etat Dirigeant du Monde (c’est a dire en remplaçant les USA dans ce rôle). […]

Les frontières Bibliques de la Terre Sainte (de la « rivière d’Egypte » à la « rivière d’Euphrate ») sont le grand objectif territorial auquel aspire un Israël arrogant et ivre de puissance, et pour lequel il lancera bientôt une grande guerre. [...]


Le contrôle Juif du Canal de Suez et de « la rivière d’Euphrate » implique le contrôle Juif du pétrole du Golfe. Ces deux combinés avec l’effondrement prévisible du Dollar Américain et par conséquent de l’économie Américaine, livreraient au final à l’Etat d’Israël le statut d’ « Etat Dirigeant » du monde. Les Juifs atteindraient alors le statut que le Messie est censé leur donner.

Quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001, Hosein Imran Nazar écrit :

En fait, le monde se trouve à un moment du temps assez similaire à l’été 1914 lorsqu’un autre acte terroriste brillamment orchestré (l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand d’Autriche-Hongrie) a résulté d’une guerre qui a mis la Grande Bretagne, alors « Etat Dirigeant », à genoux et a permis aux Etats Unis de remplacer la Grande Bretagne au rôle d’ « Etat Dirigeant » du monde. Cette guerre a également livré la Déclaration de Balfour aux Juifs, et avec elle, le retour des Juifs en Terre Sainte ainsi que l’établissement de l’Etat d’Israël. La civilisation laïque Occidentale était si spirituellement aveugle à ce moment qu’elle ne pouvait pas voir qu’elle était « menée par le bout du nez » vers une Guerre Mondiale qui a tué des millions d’Européens. Cette civilisation qui ne pouvait pas reconnaître les responsables de l’acte de terrorisme de 1914, est similairement incapable de reconnaître les mêmes personnes à l’origine des attaques du 11 Septembre contre l’Amérique.

En 2002, Hosein Imran Nazar, annonce la crise financière de 2008 (contrairement à la propagande du gouvernement socialo-judéo-maçonnique de François Hollande, l'économie est au bord du chaos en 2013) :

Clairement les Etats-Unis, l’« Etat Dirigeant », ne peuvent pas être mis à genoux autrement que par l’effondrement de l’économie Américaine et du Dollar US. C’est précisément ce qui se serait passé si l’assassinat du Président Bush avait eu lieu. La poursuite des menaces contre les Etats-Unis, au moment où nous écrivons, après que le monde entier se soit ligué contre l’Islam, le Coran, et le Prophète Mohammad (sallalahou ‘alayhi wa sallam), et même après la guerre des Etats-Unis contre Oussama Ben Laden et ses hommes, indique que l’effort Juif consistant à faire s’effondrer l’économie Américaine et le Dollar US est toujours activement poursuivi. [...]

L’économie Américaine ne s’est pas encore écroulée, mais il est gravé dans la roche qu’elle est attaquée par des ennemis qui sont intégrés au sein du système lui-même. Si, et lorsque l’économie Américaine se sera effondrée, et lorsqu’Israël réussira également à établir sa domination et son contrôle militaire sur toute la région, en étendant dramatiquement son territoire défiant ainsi le monde entier, Israël succéderait alors aux USA dans le rôle d’ « Etat Dirigeant » du monde.

Hosein Imran Nazar
 
 

Syrie, le plan américano-sioniste



« La Syrie subit depuis 2011 une tentative de déstabilisation. Il ne s'agit pas d'une guerre civile mais bien d'une invasion étrangère ! Le but est de détruire la Syrie telle que nous la connaissons aujourd'hui pour diviser le pays, affaiblir son allié iranien et permettre au projet du Grand Israël de voir le jour. Ce projet prévoit d'étendre Israël du Nil jusqu'à l'Euphrate recouvrant ainsi la Palestine historique, le Liban, la Syrie, la Jordanie, une partie de l'Irak et une partie de l'Egypte. Le député indépendant belge Laurent LOUIS dénonce pour la première fois devant un Parlement national l'existence de ce projet sioniste ! »

Des troupes hostiles à Bashar Hafez al-Assad, financées par les Saoudiens et encadrées par des commandos jordaniens, israéliens et américains, ont lancé une offensive contre Damas depuis mi-août. Au cours de cette offensive les belligérants ont utilisé des armes chimiques.

"Selon les informations recueillies par Le Figaro, les premières troupes rebelles opposées Bashar Hafez al-Assad, formés à la guérilla par les Américains en Jordanie, seraient entrés en action depuis la mi-août dans le sud de la Syrie, dans la région de Deraa. Un premier groupe de 300 hommes, sans doute épaulés par des commandos israéliens et jordaniens, ainsi que par des hommes de la CIA, aurait franchi la frontière le 17 août. Un second les aurait rejoints le 19. Selon des sources militaires, les Américains, qui ne veulent ni mettre de soldats sur le sol syrien, ni armer des rebelles en partie contrôlés par les islamistes radicaux, forment discrètement depuis plusieurs mois, dans un camp d'entraînement installé à la frontière jordano-syrienne, des combattants de l'ASL, l'Armée syrienne libre, triés sur le volet.

À la faveur de l'été, leurs protégés auraient commencé à bousculer des bataillons syriens dans le sud du pays, en approchant de la capitale. « Leur poussée se ferait désormais sentir jusque dans la Ghouta, où les formations de l'ASL étaient déjà à l'œuvre, mais sans réellement pouvoir faire la différence aux abords de la forteresse damascène », explique David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas).

Selon ce spécialiste de la région, l'idée envisagée par Washington serait la création éventuelle d'une zone tampon à partir du sud de la Syrie, voire d'une zone d'exclusion aérienne, qui permettrait d'entraîner les opposants en toute sécurité, jusqu'à ce que le rapport de forces change. C'est la raison pour laquelle les États-Unis ont déployé des batteries Patriot et des F16, fin juin, en Jordanie."

Source


Flanby s'en va-t-en guerre contre la Syrie



François Hollande a affirmé que la France était « prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents » en Syrie.

Le président socialo-sioniste d'une France lobotomisée par des médias scélérats a toujours joué la carte d'Israël. Le 2 mai 2012, les électeurs sionistes ont décrypté une anaphore que les Français ne pouvaient saisir : « Moi, président de la République, je mentirai aux Français pour exécuter le plan d'agression Américano-sioniste au Moyen-Orient »


Les USA, le Royaume-Uni et la France sont totalement subordonnés au pouvoir financier mondial. Ces Etats, qui ont laissé la finance spéculative jeter dans la précarité et la misère des centaines de millions de personnes de part le monde, n'entrent pas en guerre pour secourir la population syrienne mais pour servir le plan de l'oligarchie mondialiste hostile à l'islam. (L'islam serait le dernier « rempart contre le nouvel ordre mondial », d'après Pierre Hillard.) 
Nous assistons à une réplique des mensonges de Bush et de Blair pour attaquer l'Irak.

Flanby, va-t-en-guerre de l'espèce exécrable des Bush-Blair, ment. Il sait que les rebelles, en grande partie des mercenaires à la solde de l'Arabie Saoudite (dirigée par des salafo-wahhabites) et des Américano-sionistes, utilisent des armes chimiques.

Un reportage de la journaliste russe Anastasia Popova :

Un missile contenant un gaz toxique avait fait, le 19 mars 2013, 25 morts et une centaine de blessés à Khan al-Assal, un quartier du sud-ouest d’Alep fidèle au gouvernement de Bachar el-Assad. Le ministère des Affaires étrangères syrien avait, à ce sujet, envoyé une lettre au Conseil de sécurité des Nations Unies l’appelant à « prendre ses responsabilités et à définir une limite à ces crimes de terrorisme et à ceux qui le soutiennent ».

La journaliste russe Anastasia Popova s’est rendue sur place à Khan Al-Assal à fin mars. Elle y a rencontré la population qui lui a fourni des éléments pouvant prouver que des agents chimiques avaient été utilisés par les « opposants ». 


Anastasia Popova rapporte : "les rebelles armés ont envahi la ville. Tout le centre est sous leur contrôle, ainsi que les localités périphériques autour de l’aéroport. L’accès en ville ne peut se faire que de nuit, et par hélicoptère, et même dans ce cas nous ne sommes pas en sécurité, car les rebelles armés tirent sans arrêt sur tout véhicule qui circule. Les rebelles armés ont encerclé l’aéroport depuis trois endroits. Le Maire d’Alep nous dit que la situation a empiré car les éléments de Jabhat Nosra ont rempli Alep …"

Elle dit ensuite qu'elle a rencontré une des familles qui avait fuit car "les rebelles armés sont arrivés au village. Ils ont chassé tous les hommes, et fait prisonnières les femmes, "comme récompense pour leur Jihad", disaient-ils. La famille a fuit jusqu’à khan Al Assal, mais elle a perdu trois de ses enfants tombés sous les tirs des rebelles armés, qui tiraient sans arrêt"

Un enfant du village questionné par Anastasia Popova et son équipe, et que l'on voit dans le reportage, va rapporter ces mots poignants "là-bas, là-haut on a senti une odeur, la moitié des nôtres sont morts et l’autre moitié a survécu". 

Anastasia continue son reportage : "les gens ne savaient pas quelle était la nature de ces bombes, mais ils ont remarqué des choses étranges". Ce qu’un syrien rapporte dans la vidéo : "une odeur très forte s’est dégagée avant que nous  tombions par terre". 

La journaliste montre ensuite l’un des endroits où une bombe chimique a explosé en commentant : "la majorité des gens qui habitent ce village sont morts des suites de l’intoxication chimique et les animaux sont morts également". 




Le plan de démantèlement du Moyen-Orient



François Hollande et les autres dirigeants occidentaux ne se soucient nullement des populations et des victimes des massacres par armes chimiques commis probablement par les deux camps qui s'opposent en Syrie : l'armée d'Assad et les mercenaires qui la combattent.

François Hollande veut « punir la Syrie », c'est-à-dire faire tuer de nombreuses personnes sous les bombardements occidentaux, afin de poursuivre le démantèlement du Moyen-Orient décidé par ses maîtres les américano-sionistes.

Un plan de démantèlement de cette région est évoqué par le lieutenant-colonel américain Ralph Peters dont les grandes lignes sont révélées dans son article « Frontières de sang au Moyen-Orient ».

« Les tensions et les violences qui secouent le Moyen-Orient depuis l’intervention israélienne au Liban, le 12 juillet 2006, ne sont que la partie visible d’un immense enjeu politique, économique, religieux et philosophique opposant l’Occident aux États islamiques de la région. L’occupation américaine de l’Irak en mars 2003 a permis le lancement d’un projet révolutionnaire en vue de remodeler une vaste zone géographique allant du Maroc au Pakistan : le Grand Moyen-Orient. Derrière cette appellation, c’est une recomposition profonde qui attend ces pays musulmans. Beaucoup de théories et de supputations courent sur les ambitions des États-Unis et d’Israël au sujet de la politique poursuivie par leurs dirigeants. Cependant, des signes avant-coureurs apparaissent et permettent d’apercevoir concrètement les plans en cours. […]

Le lieutenant-colonel américain à la retraite, Ralph Peters s’est illustré dans une division d’infanterie mécanisée à partir de 1976 pour, ensuite, poursuivre ses activités dans le renseignement militaire en 1980. Auteur de nombreux ouvrages traitant de la stratégie et des relations internationales, Ralph Peters s’est retiré officiellement de l’armée en 1999. Cependant, ses contacts restent étroits avec ce milieu puisqu’il fait partie de l’équipe dirigeante d’AFJ. Cette revue n’est qu’une partie d’un véritable empire de la presse militaire américaine. […]

Ralph Peters est l'auteur d'un article intitulé « Frontières de sang, que faire pour améliorer le Moyen-Orient ». L'article de ce militaire américain part du principe qu’il faut lever le tabou de la sacro-sainte frontière inamovible. Pour l’auteur, les nouvelles frontières doivent se modeler en fonction du critère ethnique et confessionnel. Même s’il n’est pas possible de tracer des frontières respectant la totalité des particularismes en tout genre nombreux et numériquement très variables, il faut pour Ralph Peters se rapprocher au maximum de ce concept.

Comme il le souligne : « Nous parlons de difformités énormes faites par les hommes qui n’arrêteront pas de générer la haine et la violence tant qu’elles n’auront pas été corrigées ». Dans son esprit, il s’agit de remettre radicalement en cause les frontières nées des Accords Sykes-Picot de 1916 préparant le démantèlement de l’Empire ottoman.

En observant l’ensemble de cette zone en partant de la Péninsule arabique, on constate immédiatement le démantèlement du royaume d’Arabie Saoudite. Les propos de l’auteur sont très clairs à l’égard d’un pays qui a bénéficié de la protection américaine suite aux discussions entre le président Roosevelt et le roi Ibn Saoud, le 14 février 1945, à bord du croiseur USS Quincy. Désormais, le royaume d’Arabie Saoudite passe à la trappe.

Deux grandes entités territoriales échappent à l’autorité de Riyad. Sur la côte Ouest, il s’agit de créer un « État sacré islamique ». Comme le précise Ralph Peters dans des propos lourds de conséquences : « La cause principale de la large stagnation du monde musulman réside dans le traitement réservé à la Mecque et à Médine considérés comme leur fief par la famille royale saoudienne. Les lieux saints de l'Islam soumis au contrôle de la police d’Etat de la part d’un des plus bigots et oppressifs régimes au monde ont permis aux Saoud (ndlr : la famille régnante d’Arabie Saoudite) de projeter leur croyance wahhabite a la fois intolérante et disciplinée au-delà de leurs frontières. (...) Imaginez comme le monde musulman se sentirait mieux si la Mecque et Médine étaient dirigés par un Conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements de l ’Islam dans le monde au sein d'un Etat sacré islamique - une sorte de super Vatican musulman - ou l’avenir de la foi serait débattu au lieu d’être arbitrairement fixé ».

Ce point est capital puisqu’il révèle la volonté de réformer l’Islam afin de l’adapter aux principes occidentaux. Une sorte « d’Islam des Lumières » élaboré au cœur de cet État sacré islamique permettrait de rayonner sur l’ensemble du monde musulman et de remodeler les esprits afin qu’ils épousent pleinement la philosophie mondialiste. Il est vrai que contrôler les esprits a toujours permis de contrôler les hommes. C’est d’ailleurs dans le même ordre d’idée que l’on retrouve ces mesures préconisées par la Fondation Bertelsmann, think tank allemand qui, dans ses travaux débattus dans le cadre des « Discussions de Kronberg » en 2002 et 2003 (Europe, the mediterranean and the Middle East, strengthening responsibility for stability and development et Die Zukunft der europaischen Politik im Nahen Osten nach dem Irak Krieg), relève l’inadéquation de l’Islam à l’évolution du monde moderne et prône une refonte des mentalités et la remise en cause des frontières. Ces recommandations allemandes soulignent aussi la convergence des buts à atteindre de part et d’autre de l’Atlantique pour refondre entièrement le Moyen-Orient. Il est vrai aussi que les concepts ethno-confessionnels développés par Ralph Peters cadrent parfaitement avec la vision ethniciste germanique.

Sur la côte du Golfe persique, c’est la province de Hassa dont la population est majoritairement chiite qui est détachée de l’Arabie Saoudite et intégrée à un «État chiite arabe», vestige d’un Irak littéralement explosé. L’application de cette mesure entraînerait la mort économique du royaume car c'est à cet endroit que se concentre l’essentiel de l’extraction des hydrocarbures autour de la triade Dammam-Dharhan-Al-Khobar.

L’État chiite arabe verrait ses réserves pétrolières et gazières monter en flèche et deviendrait incontournable car, outre les vastes ressources de Hassa et de la production off-shore, il faudrait ajouter celles de la région de Bassora (ex-Irak) et des provinces arabes iraniennes, détachées de Téhéran, riches en hydrocarbures jouxtant le Chatt el-Arab (Arabes chiites du Khouzistan et Arabes sunnites du Bouchir). De plus, Riyad perdrait ses provinces du Sud (Jizrane, Najran et l’Assir) au profit du Yémen, territoires acquis en 1934 lors du Traité de Taëf, et qui ont conservé leur identité yéménite. Enfin, la curée sera complète avec l’octroi d’une façade maritime à la Jordanie, État pro-occidental, en arrachant à l’Arabie Saoudite les provinces de Tabouk et une partie du Jouf.

La destruction du royaume des Al Saoud affichée par la carte de Ralph Peters n’est que la confirmation de projets élaborés au sein de certaines instances américaines. David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, dans son ouvrage « Géopolitique de l’Arabie Saoudite » (Éditions Armand Colin) le souligne clairement : « Il y eut notamment la publication le 6 août 2002, par le Washington Post, d’un briefing qui a eu lieu le 10 juillet 2002 au Defense Policy Board (DPB, ndlr : organisme de planification stratégique créé en 1985 par Donald Rumsfeld), alors dirige par le tres influent Richard Perle, surnomme le Prince des ténèbres lorsqu’il officiait au Pentagone entre 1981 et 1987 sous l’administration Reagan. Au cours de ce briefing, l'Arabie Saoudite avait été qualifiée par Laurent Murawiec, un analyste du prestigieux centre de recherches stratégiques de la Rand Corporation, de pays ennemi. (...) Pire encore, Murawiec avait évoqué la légitimité de sanctions, dont le gel des avoirs saoudiens, voire... la scission de la province orientale du royaume renfermant ces gisements et ces réserves pétrolières qui font de l’Arabie le maître du quart des réserves d’or noir.

(...) Quelques temps seulement après l ’affaire Murawiec, c'était au tour d’un think tank proche des néo-conservateurs, le Hudson Institute – dont Perle est membre, et ou officie désormais Murawiec - de reprendre et de développer les idées avancées par le DPB. Etait alors ouvertement évoque un plan de démantèlement de l'Arabie Saoudite qui, en réalité, existe depuis la fin des années 70, à l’initiative d’Henry Kissinger, alors Secrétaire d’Etat de l'Administration Nixon. (...) C’est également dans le même ordre d’idées que semble s’inscrire un rapport remontant à la fin de l’année 2002, circulant au plus haut niveau dans les milieux officiels de Washington. Il envisagerait rien moins que le démembrement pur et simple de l'Arabie Saoudite selon le scénario suivant : les Lieux saints de la Mecque et de Médine se verraient confiés aux Hachémites qui, en tant que descendants du Prophète, bénéficient d’une légitimité qui fait largement défaut à la dynastie des Al Saoud et la province du Hassa serait poussée a faire sécession dans le but de se constituer en Emirat pétrolier ».

Les révélations de ce spécialiste français continuent sur la même lancée puisqu’il affirme la volonté des États-Unis de favoriser une « recomposition politique radicale du Moyen-Orient qui passerait notamment en Irak même par une dévolution du pouvoir à la majorité chiite par les grâces d’une démocratie arithmétique ». C’est justement ce que révèle la carte de Ralph Peters où l’Etat irakien a disparu au profit d’un État chiite arabe et d’un résidu appelé « Irak sunnite » que le militaire américain propose même d'unifier à la Syrie qui, entre-temps, a perdu sa façade maritime au profit d’un Grand Liban. Il est même évoqué sous sa plume la renaissance de l’antique Phénicie (Phoenecia reborn) tandis que l’État d’Israël est conservé dans ses frontières d’avant 1967. Il est étonnant de constater, en raison du véritable chambardement des frontières au Moyen-Orient, que Ralph Peters conserve le territoire de la Cisjordanie (west bank) au rang de statut indéterminé. Peut-être que le statut définitif de Jérusalem, siège de trois grandes religions, nécessite de ne pas révéler tout de suite l’avenir d’une zone éminemment convoitée.

En tout cas, la partition de l’Irak sur la carte de Ralph Peters commence à prendre forme sur le terrain. L’ambassadeur britannique à Bagdad, William Patey, et le général américain John Abizaid ont clairement affiché leurs craintes d’une guerre civile suivie d’une division du pays comme l’a révélé un document confidentiel publié par la BBC (Spiegelonline, 3 août 2006). Leurs affirmations ne font que confirmer les propos du journal d’Istanbul, Vatan, qui évoquait les propos tenus à des représentants turques par des responsables américains, début 2006, au sein des think tanks de Washington : « Arêetez de vous soucier de l’intégrité territoriale de l’Irak. En réalité, ce pays est déjà divisé ! Vous [les Turcs] feriez mieux de vous préoccuper maintenant de votre Sud-Est [région à majorité kurde]. Essayez d ’imaginer quelles seront les répercussions de l’autonomie du Kurdistan irakien dans votre pays » (Courrier International n° 805). C’est d’ailleurs le même son de cloche de la part des dirigeants européistes de Bruxelles qui susurrent à Ankara que « Si la Turquie se séparait de son Sud-Est, elle entrerait plus facilement dans l'Union européenne » (Courrier International n° 805).

L’ethno-régionalisme prôné par les instances bruxelloises ne ferait qu’accélérer le phénomène de décomposition de l’État turc. Finalement, les propos de Ralph Peters ne font que confirmer ces prises de position puisqu’il ajoute qu’un cinquième de la partie Est de la Turquie est un « territoire occupé » et qu’un « Kurdistan libre, s’étendant de Diyarbakir jusqu’a Tabriz deviendrait l'Etat le plus occidental entre la Bulgarie et le Japon ».

La création d’un État kurde (Free Kurdistan) construit à partir des territoires Sud-Est de la Turquie, du Nord de la Syrie et de l’Irak, et de l’Ouest de l’Iran aboutirait à l’émergence d’un bloc estimé à environ 30 millions d’habitants. Fort des installations pétrolières de Kirkouk, les deux grands pôles de la production d’hydrocarbures et de gaz du Moyen-Orient seraient cet État kurde pro-américain et l’État chiite arabe. L’importance de cet État kurde serait d’autant plus grande que l’oléoduc BTC évacue le pétrole de la Mer Caspienne à partir de Bakou (Azerbaïdjan), passe par Tbilissi (Géorgie) pour, ensuite, traverser tout le Sud-Est de la Turquie et aboutir à Ceyhan en Méditerranée. Les Kurdes seraient donc les grands maîtres de ce corridor énergétique voulu par les Américains en 1994. En plus du pétrole, il faut ajouter l’autre grande richesse, l’eau. Le « Grand projet anatolien » (GAP) poursuit l’objectif, grâce à 22 barrages, de dompter le Tigre et l’Euphrate qui prennent leurs sources dans les montagnes kurdes. L’achèvement de ce projet qui doit avoir lieu vers 2013, permettant l’irrigation de 1,7 million d’hectares et la production d’électricité, sera une arme redoutable aux mains de l’État kurde et pèsera lourdement sur la vie des habitants de tout le Moyen-Orient.

A l’Est des États kurdes et chiites, l’Iran est remodelé en fonction des critères ethniques. Après avoir cédé sa partie kurde, la zone turcophone du Nord est octroyée à l’Azerbaïdjan. En revanche, la province iranienne du Khorasân s’agrandit vers l’Est en acquérant le territoire Ouest de l’Afghanistan, la région de Hérat, en conformité avec la volonté de Ralph Peters de reconfigurer la région selon les critères ethno-linguistiques. Comme le confirme Bernard Hourcade, directeur au CNRS (équipe de recherche : monde iranien), dans son ouvrage « Iran, nouvelles identités d’une République » (Éditions Belin) : « L’immense province de Khorasan, (...) les limites anciennes incluaient les régions de Hérat dans l’actuel Afghanistan et celles de Samarcande et Boukhara en Ouzbekistan ». Enfin, un « Baloutchistan libre » (Free Baluchistan) est créé à partir des deux entités iraniennes et pakistanaises tandis que l’Afghanistan se voit agrandi au dépens du Pakistan jusqu’au fleuve Indus afin d’y rattacher les populations pachtounes. L’État pakistanais réduit de près de la moitié de sa superficie verrait sa puissance économique fortement amoindrie au point d’être incapable de servir d’allié de revers au profit de la Chine face à l’Inde. Sur ce point, les États-Unis seraient gagnants. Seuls des États comme Oman, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït échappent à ces modifications. Cependant, cette carte (révélée par Ralph Peters) étant un prototype, rien n’interdit à leurs concepteurs de se rattraper. En tout cas, la finalité américaine est de contrôler tout ce Moyen-Orient par la parcellisation ethnique et religieuse selon le bon vieux principe « diviser pour régner». Les États-Unis, cherchant à s’assurer la production d’hydrocarbures à leur profit, seraient en mesure de priver la Chine, puissance montante et rivale, de l’arme énergétique si nécessaire à son accession à la cour des grands.

L’impression générale qui se dégage du remodelage annoncé par cet auteur comme de la part de nombreux think tanks américains et allemands est celle d’un bouleversement mettant à feu et à sang ces pays du Moyen-Orient. En effet, on ne voit pas ces États se laisser charcuter, voire disparaître, sans se laisser faire. Comment réagira, par exemple, le Pakistan qui possède l’arme nucléaire ? En réalité, l’objectif est d’intégrer ces immenses territoires à la sphère d’influence occidentale. Le discours de Joschka Fischer à la 40e Conférence de Munich sur la politique de sécurité dans le cadre de l’OTAN, le 7 février 2004, annonçait la volonté du monde occidental de mettre ces pays du Moyen-Orient aux normes euro-atlantistes.

Ces mesures furent confirmées par « l’alliance germano-américaine pour le XXIe siècle » signée, le 27 février 2004, entre le président Bush et le chancelier Schrôder à Washington, annonçant la couleur: « Nous devons construire un véritable partenariat qui relie l’Europe et l’Amérique aux Etats du Proche et Moyen-Orient (...) ». Cette immense construction politique et métaphysique doit obligatoirement obéir à des règles communes qui sont politiques, économiques et civilisationnelles. Une logique, mais une logique folle, anime les concepteurs de ce projet. C’est le think tank German Marshall Fund (GMF) qui, indirectement, a révélé l’engagement profond des instances atlantistes. En effet, il s’est engagé sous l’égide du très influent Bruce Jackson à développer une nouvelle politique en Mer Noire intitulée « A new euro-atlantic strate gy for the Black Sea region ». Il s’agit en liaison avec l’Union européenne de créer une eurorégion de la Mer Noire qui doit voir le jour pour 2007 selon les affirmations de Giovanni di Stasi, président du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux d’Europe (CPLRE). Or une « petite » phrase résume tout. Paru en 2004, le rapport du GMF dans sa préface précise que « La Mer Noire est la nouvelle interface entre la communauté euro-atlantique et le Grand Moyen-Orient ».

Une « interface » géographique obéit aux lois de la physique. Pour fonctionner et jouer pleinement sa mission de charnière, cette interface doit s’articuler entre deux mondes, le bloc euro-atlantiste d’une part, et le bloc moyen-oriental d’autre part, régis par les mêmes lois et les mêmes concepts édictés par la philosophie mondialiste. Cela suppose nécessairement une refonte généralisée de cet espace arabo/perse musulman pour qu’il y ait adéquation. Pour réussir cette entreprise, les moyens mis en œuvre risquent d’aboutir à un chaos inimaginable dans cette région et, par ricochet, à l’échelle planétaire. Tout compte fait, les adeptes de cette politique ne font qu’appliquer les fameux vers du poème de Goethe, « l’apprenti sorcier », qui rappelaient : « Les esprits que j ’ai réveillés ne veulent plus m’écouter ».

Pierre Hillard, « La marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial ».
 
 

L'attaque de la Syrie est illégitime



3 Août 2O13. Ban Ki-moon, le Secrétaire général de l'ONU, a averti mardi que toute action « punitive » contre la Syrie prétextant un prétendu usage d'armes chimiques contre la population civile serait illégal sans l'approbation du Conseil de sécurité.

Les États-Unis et la France ont accusé le régime du président syrien Bachar al-Assad d'être responsable de l'attaque aux armes chimiques du 21 août et envisagent une action militaire punitive en réponse.

L'administration Obama a fait valoir qu'une attaque aux armes chimiques ne peut rester impunie en raison de l'inaction du Conseil de sécurité.

Ban Ki-moon a rétorqué : « Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, le Conseil de sécurité a la responsabilité principale de la paix et la sécurité internationales. [...] L'usage de la force n'est légitime que dans l'exercice de la légitime défense, conformément à l'article 51 de la Charte des Nations Unies, et quand le Conseil de sécurité approuve une telle action ».

Quant à François Hollande, qui se voit déjà en SCIPION du Moyen-Orient, il n'est que le PION de l'empire.

La campagne militaire franco-américaine favorisera la victoire des mercenaires salafistes financés par l'Arabie Saoudite et soutenus par Israël et les USA. N'oublions pas que la CIA est spécialisée dans la manipulation des fanatiques religieux : talibans, salafo-wahhabites, bouddhistes nationalistes de Birmanie, du Sri Lanka, du Tibet...). La marche irrésistible du nouvel ordre mondial passe par la balkanisation du Moyen-Orient et l'affaiblissement de l'Islam orthodoxe par les sectes salafiste-wahhabites.

Ce qu'il faut savoir sur l'islam orthodoxe

« La doctrine islamique tient en deux énonciations : « n'y a pas de divinité (ou de réalité, ou d'absolu) en dehors de la seule Divinité (la Réalité, l'Absolu) » ( La ilaha lâ ' Llâh ), et « Mohammed (le Glorifié, le Parfait) est l'Envoyé (le porte-parole, l'intermédiaire, la manifestation, le symbole) de la Divinité » ( Muhammadun Rasûlu 'Llâh) ; c'est le premier et le second « Témoignage » ( Shahâdah ) de la foi.

Nous sommes ici en présence de deux assertions, de deux certitudes, de deux niveaux de réalité : l'Absolu et le relatif, la Cause et l'effet, Dieu et le monde. L'islam est la religion de la certitude et de l'équilibre […]. L'islam veut implanter la certitude, — sa foi unitaire se présente comme une évidence sans toutefois renoncer au mystère, — et il se fonde sur deux certitudes axiomatiques, l'une concernant le Principe qui est à la fois Être et Sur-Être, et l'autre la manifestation formelle et supra-formelle : il s'agit donc, d'une part de « Dieu », et de la « Divinité » — au sens eckhartien de ce distinguo — et d'autre part de la « Terre » et du « Ciel ». La première des deux certitudes, c'est que « Dieu seul est »; et la seconde, que « toute chose est rattachée à Dieu ». En d'autres termes : « Il n'y a pas d'évidence absolue en dehors de l'Absolu »; puis, en fonction de cette vérité : « Toute manifestation — donc toute relativité — se rattache à l'Absolu. » Le monde est relié à Dieu — ou le relatif à l'Absolu — sous le double rapport de la cause et de la fin : le mot « Envoyé », dans la seconde Shahâdah, énonce par conséquent, d'abord une causalité et ensuite une finalité, la première concernant plus particulièrement le monde, et la seconde, l'homme. Toutes les vérités métaphysiques sont comprises dans le premier rapport, et toutes les vérités eschatologiques, dans le second. Mais nous pourrions dire encore ceci : la première Shahâdah est la formule du discernement ou de l'« abstraction » (tanzîh) et la seconde celle de l'intégration ou de « analogie » (tashbîh) : le mot « divinité » (ilah), — pris ici au sens ordinaire et courant, — dans la première Shahâdah, désigne le monde en tant qu'il est irréel parce que Dieu seul est réel, et le nom du Prophète (Muhammad), dans la seconde Shahâdah, désigne le monde en tant qu'il est réel parce que rien ne peut être en dehors de Dieu ; à certains égards, tout est Lui. Réaliser la première Shahâdah, c'est avant tout devenir pleinement conscient de ce que le Principe est seul réel et que le monde, tout en « existant » à son niveau, « n'est » pas ; c'est donc, en un sens, réaliser le vide universel. Réaliser la seconde Shahâdah, c'est avant tout devenir pleinement conscient de ce que le monde — la manifestation — « n'est autre » que Dieu ou le Principe, car « dans la mesure » où il a de la réalité, celle-ci ne peut être que celle qui « est », c'est-à-dire qu'elle ne peut être que divine ; c'est donc voir dieu partout, et tout en Lui. « Qui m'a vu, a vu Dieu », a dit le Prophète ; or toute chose est le « Prophète » sous le rapport, d'une part de la perfection d'existence et d'autre part sous celui des perfections de mode ou d'expression.

Si l'Islam voulait enseigner exclusivement qu'il n'y a qu'un Dieu et non pas deux ou plusieurs dieux, il n'aurait aucune force de persuasion. La fougue persuasive qu'il possède en fait, vient de ce qu'il enseigne au fond la réalité de l'Absolu et la dépendance de toutes choses à l'égard de l'Absolu. L'Islam est la religion de l'Absolu... »
F. Schuon
 
 

La France est également musulmane


« Il y aura probablement une grande civilisation islamique. »

Michel Onfray


Mardi 17 septembre. Claude Askolovitch était l'invité de RTL Soir. Le journaliste est l'auteur de « Nos mal-aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas », ardente défense des musulmans de France.

Jeudi 19 septembre. Pour les autorités françaises la lutte contre le djihad médiatique est maintenant une priorité. Romain Letellier, alias Abu Siyad An-Normandi, en sait quelque chose. Ce jeune administrateur du site francophone Ansar al Haqq, une "référence" pour la mouvance islamiste radicale a été arrêté par la police.

Question : Pourquoi incarcérer Romain Letellier pour apologie du djihad alors que François Hollande, quoi qu'il en dise, soutient les djihadistes salafistes de Syrie, des terroristes liés à Al Quaïda ? 

Nous avons l'habitude des fausses notes d'une gouvernance digne des Pieds nickelés. Mais l'arrestation d'un jeune converti à l'islam radical devrait apostropher les Français. Beaucoup de musulmans, plus de DIX millions peut-être QUINZE, sont Français ; « VINGT millions », affirme le sociologue et ancien ministre Azouz Begag. De plus, chaque jour plusieurs dizaines de personnes se convertissent à l'islam. Il faut l'admettre, la France est également musulmane, c'est le constat fait par le journaliste Claude Askolovitch. « Et c'est une chance pour notre pays », disent toutes les personnes en quête de l'Absolu (Allah) ; quête qui s'oppose à la prédation planétaires des insatiables adorateurs de Mammon.

Des penseurs admettent que nous ne traversons pas une simple crise. En réalité nous assistons à la fin d'une civilisation. Lui aussi, après avoir fait le diagnostic du déclin de l'Occident et annoncé la fin inéluctable de la civilisation judéo-chrétienne, Michel Onfray, l'incontournable philosophe athée, a déclaré : « Il y aura probablement une grande civilisation islamique » (C'était le vendredi 23 août 2013 dans l'émission « Contre histoire de la philosophie » sur France culture).
 
 
 

Les tueurs djihadistes & la guerre sainte


La barbarie et la lâcheté de ces prétendus djihadistes qui massacrent des personnes désarmées, des femmes et des enfants ne profitent pas, au contraire, à la véritable tradition islamique dont la métaphysique de la guerre est fondée sur l'héroïsme.



« Le principe général, auquel il serait possible d'en appeler pour justifier la guerre sur le plan de l'humain, c'est l'héroïsme. »

Julius Evola


« Historiquement, dit Evola, il faut souligner que la tradition islamique est en quelque sorte l’héritière de la tradition perse, l’une des plus hautes civilisations indo-européennes. La conception mazdéenne originelle de la religion comme militia sous le signe du « Dieu de Lumière », et de l’existence sur la terre comme une lutte incessante pour arracher êtres et choses au pouvoir d’un anti-dieu, est le centre de la vision perse de la vie. Il faut la considérer comme la contrepartie métaphysique et le fond spirituel des exploits guerriers dont l’apogée fut l’édification perse de l’empire du « Roi des rois ». Après la chute de la grandeur perse, certains échos de cette tradition subsistèrent dans le cycle de la civilisation arabe médiévale, sous des formes plus matérielles et parfois exaspérées, mais sans jamais annuler effectivement le motif originel de spiritualité.

Ici nous nous référerons à des traditions de ce genre surtout parce qu’elles mettent en relief un concept très utile pour éclairer ultérieurement l’ordre des idées que nous nous proposons d’exposer. Il s’agit du concept de la grande guerre sainte, distincte de la « petite guerre », mais en même temps liée à cette dernière selon une correspondance spéciale. La distinction se base sur un hadith du Prophète, qui, revenant d’une expédition guerrière aurait déclaré : « Nous sommes revenus de la petite guerre sainte à la grande guerre sainte ».

La petite guerre, ici, correspond à la guerre extérieure, à la guerre sanglante qui se fait avec des armes matérielles contre l’ennemi, contre le « barbare », contre une race inférieure devant laquelle on revendique un droit supérieur ou, enfin,quand l’entreprise est dirigée par une motivation religieuse, contre « l’infidèle ». Pour aussi terribles et tragiques qu’en puissent être les accidents, pour aussi monstrueuses qu’en puissent être les destructions, il n’en reste pas moins que cette guerre, métaphysiquement, est toujours la « petite guerre ». La « grande guerre sainte » est au contraire d’ordre intérieur et immatériel, c’est le combat qui se mène contre l’ennemi, ou le « barbare », ou « l’infidèle » que chacun abrite en soi et qu’il voit surgir en soi au moment où il veut assujettir tout son être à une loi spirituelle. En tant que désir, tendance, passion, instinct, faiblesse et lâcheté intérieure ennemi qui est dans l’homme doit être vaincu, brisé ans sa résistance, enchaîné, soumis à l’homme spirituel : telle est la condition pour atteindre la libération intérieure, la « paix triomphale » qui permet de participer à ce qui est au-delà de la vie comme de la mort.

C’est simplement l’ascétisme – dira-t-on. La grande guerre sainte est l’ascèse de tous les temps. Et quelqu’un sera tenté d’ajouter : c’est la voie de ceux qui fuient le monde et qui, avec l’excuse de la lutte intérieure, se transforment en un troupeau de poltrons pacifistes. Ce n’est rien de tout cela. Après la distinction entre les deux guerres, leur synthèse. C’est le propre des traditions héroïques que de prescrire la « petite guerre », c’est-à-dire la guerre vraie, sanglante, comme instrument pour la « grande guerre sainte » ; au point que, finalement, les deux ne deviennent qu’une seule et même chose.

C’est ainsi que dans l’Islam « guerre sainte » – jihâd et « voie de Dieu » – sont indifféremment utilisés l’un pour l’autre. Qui se bat est sur la « voie de Dieu ». Un célèbre hadith très caractéristique de cette tradition, dit :

« Le sang des Héros est plus près du Seigneur que l’encre des sages et les prières des dévots » Ici aussi, comme dans les traditions dont nous avons déjà parlé comme dans l’ascèse romaine de la puissance et dans la classique "mors triumphalis", l’action assume l’exacte valeur d’un dépassement intérieur et d’accès à une vie délivrée de l’obscurité, du contingent, de l’incertitude et de la mort.

En d’autres termes, les situations, les risques, les épreuves inhérentes aux exploits guerriers provoquent l’apparition de « l’ennemi » intérieur, qui, en tant qu’instinct de conservation, lâcheté ou cruauté, pitié ou fureur aveugle, surgit comme ce qu’il faut vaincre dans l’acte même de combattre l’ennemi extérieur. Ceci montre que le point décisif est constitué par l’orientation intérieure, la permanence inébranlable de ce qui est esprit dans la double lutte : sans précipitation aveugle, ni transformation en une brute déchaînée, mais, au contraire, domination des forces les plus profondes, contrôle pour n’être jamais entraîné intérieurement, mais rester toujours maître de soi, et cette maîtrise permet de s’affirmer au-delà de toutes limites. Nous aborderons plus avant une autre tradition où cette situation est représentée par un symbole très caractéristique : un guerrier et un être divin impassible, qui, sans combattre, soutient et conduit le soldat, à côté duquel il se trouve sur le même char de combat. C’est la personnification de la dualité des principes que le véritable héros, dont les émanations ont toujours quelque chose de ce sacré dont il est porteur.

Dans la tradition islamique, on lit dans un de ses textes les plus importants: « combat dans la voie de Dieu (c’est-à-dire dans la guerre sainte) celui qui sacrifie la vie terrestre pour celle de l’au-delà ; car à celui qui combat dans la voie de Dieu et sera tué, ou vainqueur, nous donnerons une immense récompense ». La prémisse métaphysique selon laquelle il est prescrit : « Combattez selon la guerre sainte ceux qui vous feront la guerre ». « Tuez-les partout où vous les trouverez et écrasez-les. Ne vous montrez pas faibles et n’invitez pas à la paix » car « la vie terrestre est seulement un jeu et un passe-temps » et « qui se montre avare, n’est avare qu’avec soi-même ». Ce dernier principe est évidemment à prendre comme un fac-similé de l’évangélique : « Qui veut sauver sa propre vie la perdra et qui la perdra la rendra réellement vivante », confirmé par cet autre passage : « Et que, vous qui croyez, quand il vous fut dit : « Descendez à la bataille pour la guerre sainte » vous êtes restés immobiles ? Vous avez préféré la vie de ce monde à la vie future », puisque : « vous attendez de nous une chose, et non les deux suprêmes, victoire ou sacrifice ? ».

Cet autre passage est digne d’attention : « La guerre vous a été ordonnée, bien qu’elle vous déplaise. Mais quelque chose qui est bon pour vous peut-il vous déplaire, et vous plaire ce qui est mauvais pour vous : Dieu sait, alors que vous vous ne savez pas », qui est très proche de : « Ils préférèrent être parmi ceux qui restèrent : une marque est incisée dans leur cœur, aussi ne comprennent-ils pas. Mais l’Apôtre et à eux qui croient avec lui combattent avec ce qu’ils ont et avec leur propre personne: à eux récompenses – et ce sont eux qui prospéreront – dans la grande félicité ».

Ici nous avons une sorte d’"amor fati", une intuition mystérieuse, évocation et accomplissement héroïque du destin, dans l’intime certitude que, quand il y a « intention juste », quand l’inertie et la 
lâcheté sont vaincues, l’élan va au-delà de la propre vie et de celle des autres, au-delà de la félicité et de l’affliction, guidé dans le sens d’un destin spirituel et d’une soif d’existence absolue, donnant alors naissance à une force qui ne pourra manquer le but absolu. La crise d’une mort tragique et héroïque devient contingence sans intérêt, ce qui, en termes religieux, est exprimé ainsi : « Ceux qui seront tués dans la voie de Dieu (ceux qui mourront en combattant la guerre sainte) leur réalisation ne sera pas perdue. Dieu les guidera et disposera de leur âme. Il les fera entrer dans le paradis qu’il leur a révélé ».

Ainsi le lecteur se trouve-t-il ramené aux idées […] qui sont basées sur les traditions classiques ou nordico-médiévales, concernant une immortalité privilégiée réservée aux héros, les seuls qui, selon Hésiode, habitent les îles symboliques où se déroule une existence lumineuse et intangible à l’image de celle des Olympiens. Dans la tradition islamique il y a de fréquentes allusions au fait que certains guerriers, morts dans la « guerre sainte », ne seraient en vérité jamais morts, assertion nullement symbolique, et encore moins à rapprocher de certains états surhumains séparés des énergies et des 
destinées des vivants. Il n’est pas possible d’entrer dans ce domaine, qui est plutôt mystérieux, et exige des références qui n’intéressent pas la nature de cette étude. Il est certain qu’aujourd’hui encore, et précisément en Italie, les rites par lesquels une communauté guerrière déclare « présents » les camarades morts au champ d’honneur, ont retrouvé une force singulière. Qui part de l’idée que tout ce qu’un processus d’involution a, de nos jours, doté d’un caractère allégorique et au maximum éthique, avait à l’origine une valeur de réalité (et tout rite était action et non simple cérémonie) doit penser que les rites guerriers actuels peuvent être matière à méditation et à rapprocher du mystère contenu dans l’enseignement dont nous avons parlé : l’idée de héros qui ne sont pas vraiment morts, comme celle de vainqueurs qui, à l’image du César romain, restent « vainqueurs perpétuels » au centre d’une lignée. 

Nous achèverons cette rapide étude, consacrée à la guerre comme valeur spirituelle, en nous référant à une dernière tradition du cycle héroïque indo-européen, celle de la Bhagavad-Gîtâ, le plus célèbre texte peut-être de l’antique sagesse hindoue, essentiellement écrit pour la caste guerrière.

Son choix n’est pas arbitraire et ne doit rien à l’exotisme. Comme la tradition islamique nous a permis de formuler, dans l’universel, l’idée de la « grande guerre » intérieure, contrepartie possible et âme d’une guerre extérieure, la tradition transmise par le texte hindou nous permettra d’encadrer définitivement notre sujet dans une vision métaphysique.

Sur un plan plus extérieur, cette référence à l’Orient hindou, le grand Orient héroïque et non celui des théosophes, des panthéistes humanitaires et des vieilles dames en extase devant les Gandhi et les Rabindranath Tagore, nous parait également utile pour rectifier les opinions et la compréhension supratraditionelle qui ne sont les moindres buts que nous recherchons. On est resté trop longtemps esclave des antithèses artificielles Orient / Occident : artificielles parce que basées sur le dernier Occident moderniste et matérialiste, qui finalement a bien peu de commun avec celui qui l’a précédé, avec la véritable et grande civilisation occidentale. L’Occident moderne est aussi opposé à l’Orient qu’il l’est à l’antique Occident. Dès qu’on en revient aux temps anciens, nous nous trouvons effectivement devant un patrimoine ethnique et culturel largement commun, qui correspondait déjà à une unique dénomination « indo-européen ». Les formes originelles de vie, de spiritualité, d’institutions des premiers colonisateurs de l’Inde et de l’Iran ont beaucoup de points de contact avec celles des peuples helléniques et nordiques, mais aussi des antiques Romains. »


Julius Evola, « Métaphysique de la guerre ».